Cas clinique
Recul sur 5 ans de l’utilisation de piliers angulés implants IDCAM
Étude sur 5 ans du comportement osseux et prothétique des piliers angulés IDCAM en prothèse implanto-portée unitaire.
- Docteur en chirurgie dentaire
- CES de technologie des matériaux
- CES de prothèse fixée
- Diplôme universitaire d’implantologie
Introduction
Le pilier implantaire joue un rôle déterminant dans la stabilité et la durabilité de la prothèse sur implant. Son matériau, sa conception et son ajustement influencent directement la répartition des forces, la santé gingivale et l’esthétique finale.
L’utilisation de piliers angulés est souvent considérée comme une solution de rattrapage pour compenser un implant mal positionné ou un défaut osseux dans le sens transversal qui aurait nécessité une régénération osseuse guidée. Pour beaucoup d’auteurs, elle serait également à l’origine de péri-implantites liées à la présence d’un excès de ciment de scellement et/ou un hiatus iatrogénique au niveau de l’interface pilier/coiffe. Pour ma part, son utilisation semble répondre aux contraintes anatomiques et biomécaniques qui guident le positionnement de l’implant.
Au travers de cas cliniques contrôlés à 5 ans, nous allons voir le comportement de l’utilisation de piliers angulés en prothèse unitaire.
Rappel anatomique
Les procès alvéolaires et les axes dentaires sont inscrits dans un couloir musculaire visant à une distribution maximale des forces occlusales tout en prévenant les interférences lors des mouvements mandibulaires.
Les forces occlusales sont orientées vers le bord basilaire à la mandibule et le sommet du crâne au maxillaire supérieur. Cette orientation des bases osseuses est visible sur nos examens cone-beam. Les courbes de Spee, Wilson et l’anatomie cuspidienne vont favoriser la transmission des contraintes masticatoires vers les structures osseuses.
La résorption de l’os alvéolaire lors de la perte de la dent, qui a pu être précédée par la parodontite, va également s’inscrire dans ce couloir orienté vers le sommet du crâne au maxillaire (centripète) et le rebord basilaire à la mandibule (centrifuge). Ce phénomène va accentuer l’éloignement du centre des tables occlusales entre les arcades antagonistes.
Rappel biomécanique
La mastication va engendrer des contraintes opposées sur notre assemblage implant-pilier-couronne avec un pic de concentration des forces au niveau crestal. Les contraintes de réaction vont se décomposer en une force verticale et une force horizontale pour neutraliser les charges correspondantes.
Le positionnement de l’implant en respectant l’inclinaison des procès alvéolaires va favoriser non seulement une ostéointégration respectueuse des principes biologiques, mais également, sur le plan biomécanique, une diminution des contraintes s’exerçant sur le col de l’implant et la connectique.
Évaluation de la résorption crestale sur 5 ans
La résorption osseuse crestale péri-implantaire est une perte de volume osseux marginal autour de l’implant. Les auteurs s’accordent pour estimer que des valeurs de perte osseuse de 1,5 mm la première année de mise en fonction de la prothèse, puis de 0,2 mm par an, sont dans les limites physiologiques et ne caractérisent pas une péri-implantite.
Cas cliniques sur 5 ans
Les cas présentés sont des patients dont les implants IDCAM de la société Implant Diffusion International ont été posés en 2020 et qui se sont présentés à leur rendez-vous de contrôle d’octobre à décembre 2025.
Les piliers sont soit des piliers standards du fabricant IDI, soit des piliers personnalisés usinés sur une base titane avec la connectique de l’implant IDCAM, fournis également par IDI (référence PMC12). Les coiffes sont scellées au ciment verre ionomère GC Fuji+.
Discussion et conclusion
Le positionnement des implants légèrement incliné dans ce couloir osseux va minimiser les contraintes en les dissipant, et réduire les risques de dévissage et de résorption crestale en permettant une meilleure distribution des charges occlusales.
Malgré une littérature qui privilégie la prothèse transvissée pour des raisons biologiques, l’étude des clichés radiologiques ne montre pas de perte osseuse crestale significative et reste nettement inférieure aux critères cités ci-dessus. On n’a pas constaté de dévissage du pilier implantaire, ni de fracture des céramiques.
Le choix du pilier implantaire n’est pas un simple détail technique. Il influence directement la durabilité de la prothèse et la réponse biologique. Le praticien doit s’appuyer sur des critères objectifs, cliniques et biologiques, pour sélectionner la solution la plus adaptée.
Produit utilisé dans ce cas
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Photos du cas clinique





















